Grandes Armes de la Ville

                               de LONGUYON.

                      Blason : d’azur à deux bars adossés d’or, flanqués de deux croix de Lorraine et accompagnés de deux croix tréflées au pied fiché d’argent, une en chef et une en pointe.

            Ornements extérieurs : l’écu timbré de la couronne murale à 4 tours crénelées d’or, ouverte et maçonnée de sable est soutenu par une branche de chêne à dextre, de laurier à senestre, de sinoples fruités d’or, croisées en pointe en sautoir et liés d’argent.

            La croix de la Légion d’honneur et la Croix de guerre 1914-1918 à l’Ordre de l’Armée, au naturel sont appendues à la pointe de l’écu, brochant sur les soutiens.

La couronne murale à 4 tours est le symbole que portaient les déesses grecques tutélaires des cités, et adoptée par les villes depuis l’Empire.

Historique et symbolique de la composition : Au VIIème, un seigneur du pays y fonda la collégiale Sainte-Agathe qui se maintient jusqu’à la Révolution.

Longuyon était un archidiaconé de l’archevêché de Trêves, dit des décanats wallons c’est-à-dire de langue française.

La croix de guerre a été remise officiellement à la ville de Longuyon, le 5 Juin 1921, comme ayant été citée à l’Ordre de l’Armée le 27 juillet 1920 pour sa vaillance et les lourds sacrifices qu’elle consentit pour assurer la victoire, puis le 21 août 1930, la croix de la Légion d’Honneur, lui fut conférée pour le motif suivant : « Ville héroïque qui fut en partie pillée et incendiée par l »ennemi au début de la guerre et dont un grand nombre d’habitants furent fusillés, s’est acquis, par son douloureux martyre, les droits à la pieuse reconnaissance du pays. »

La croix de la Légion d’Honneur lui fut remise officiellement le 23 novembre 1930.

Son blason composite où se trouvent les bars et les croix de Lorraine montrent, en quelque sorte, que Longuyon originaire du Barrois fut, comme cet ancien état souverain, uni à la Lorraine.

 

La Ville de Longuyon.

            Depuis de nombreuses années, les caravanes se rendant de Trèves à Reims, franchissaient deux modestes rivières, la Chiers et la Crusnes, à leur confluent, et ce LONGA-GUADA (le Long-Gué) était un point sensible surveillé par une petite troupe de légionnaires romains, chargés de dissuader les brigands d'attaquer les riches marchands en voyage. Telle est l'origine de LONGUYON.

Concuremment se développait une certaine forme de vie sur la colline avoisinant le LONG-GUÉ : le quartier Mazelle. Mais le Long-Gué devenu LONGAGIONIS, va bientôt connaître un essor considérable avec la venue de l’intendant du Palais de Metz, Duc des Francs sous Dagobert 1er, le seigneur ADALGYSELUS qui fait construire notamment, un vaste hospice dont il confie la gestion aux bénédictins.

A partir de 855, Longuyon s’inscrit dans le royaume de LOTHARINGIE et l’église étend sa puissance bien au-delà des frontières actuelles. Toutefois la marque particulière de la ville est l’église ou collégiale Ste Agathe, construite au 13ème siècle, le siècle des bâtisseurs, et consacrée le 20 Avril 1287. Elle s’élève évidemment sur la colline MAZELLE et se protège des hordes de brigands par un épais mur d’enceinte derrière lequel se réfugient les paroissiens en cas de danger.

Par ailleurs, à 3 kms de LONGUYON, s’étendait une vaste forteresse, le château de MUSSY, construit au 11ème siècle dont l’influence n’était pourtant que peu sensible pour la ville.

  Hélas, LONGUYON manqua d'être rayée de la carte au début du 17ème siècle avec la guerre de Trente ans et surtout à la suite de l'épidémie de peste qui ravagea l'Europe. Sa renaissance prendra du temps et c'est un prêtre, l'abbé Gilles qui en fut l'instigateur.

  Puis l'industrie se mit de la partie et les forges de Longuyon fabriquèrent des canons de fusil à rubans bien connus des collectionneurs. Cet épisode moderne prit fin vers 1830, relayé qu'il fut par la construction des chemins de fer qui fit de Longuyon une ville cheminote avec son vaste dépôt des machines et ses voies ferrées filant dans quatre directions. Modernisme mais également  audace de nos élus d’alors, tels furent les leviers qui amenèrent la construction de la nouvelle et orgueilleuse mairie inaugurée en 1867 alors que la ville ne comptait que 2300 habitants. Et revinrent les guerres, 1870 qui laissa la France appauvrie par l’énorme rançon réclamée par la Prusse, 1914 et ses massacres du 24 Août faisant une centaine de victimes et détruisant une moitié de la cité ; 1940 qui nous a laissé cette fameuse Ligne Maginot dont l’un des plus éminents bastions ( FERMONT ) est devenu un Musée International. Sans oublier 1945 et les troupes de l’OTAN stationnant en Europe avec, à Longuyon, les Canadiens de la base de Marville qui nous ont laissé la Résidence Canadienne, véritable village dans la ville avec ses 418 logements. Déjà Européenne avec les Romains au temps de Longa-Guada, Longuyon est maintenant jumelée avec de nombreuses cités pour favoriser les échanges culturels et aider la construction de la paix.

 

L’Hôtel de Ville.  

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Le 18 Octobre 1863, le conseil municipal, sous la présidence de François Louis COMON, Maire et Médecin, décidait d’ériger une nouvelle mairie sise Place d’Armes, ou encore Place THIEBAULT ( nom donné en hommage au comte de Bar qui avait affranchi la ville en 1270.

Le projet est confié à M. Varin, architecte, et la ville acquiert quelques terrains faisant obstacle à l’implantation de cet hôtel de ville qui doit se trouver dans l’alignement de la ″ Maison d’institution érigée par M. IGIER, maire de la ville, et

M . BEAUCHET, architecte, en 1826 ″. ( Cette inscription était gravée sur le mur de l’ancienne chefferie, côté rue de Deauville ).

En 1867, la nouvelle mairie est ouverte au public. Sa construction a débuté en 1864, et les acteurs du projet ont été bien téméraires d’élever un tel monument orgueilleux quand on sait que Longuyon ne comptait que 2300 habitants à cette époque. Cependant, le conseil municipal constate quelques défauts, quelques malfaçons. Des lambris ont été réalisés en un matériau moins noble que le chêne prévu sur devis, une marche d’escalier d’honneur de gauche, n’a pas la même largeur que les autres ; on en fait remarque à l’entrepreneur et l’on suspend les paiements. Le pauvre GAUNARD, entrepreneur trop prompt à conclure, tombe en faillite. Désespéré, il met fin à ses jours en se jetant du haut du campanile, noblesse de l’édifice.

Mais nos édiles d’alors eurent bien raison de voir grand, et leur belle mairie, malgré l’avis de certains détracteurs de son style, fait particulièrement bonne figure dans notre ville.

 

Chapelle des Frères.     ( Saint Jean Baptiste de la Salle ).

Elle doit son nom au collège des Frères, lequel a existé à Longuyon de 1874 à 1904. Tout d’abord implanté à Beauregard ( faubourg de Thionville ), il est transféré à Longuyon, suite à la fermeture des établissements catholiques, décrétée par Bismark.

C’est sur le terrain appartenant au Comte O’Gormann qu’est construit le collège ; le 8 septembre 1874, c’est la pose de la première pierre. Le 23 novembre de la même année a lieu la rentrée. L’établissement peut recevoir 300 élèves. Les grands élèves décident d’élever une grotte dédiée à Notre Dame de Lourdes, seul vestige qui a été respecté.

Le 1er mai 1887 est posée la première pierre de la chapelle du collège. La bénédiction a lieu le 29 décembre de la même année. Mais la loi de 1904 prescrit la fermeture des écoles des congrégations religieuses. Les frères quittent Longuyon pour Hachy près d’Arlon . Les bâtiments disparaissent petit à petit, la chapelle devient une ruine.

En 1937, le chanoine Remy, curé de Longuyon, achète le terrain et décide de la restauration de la chapelle, mais la guerre de 1939 interrompt les travaux. Ils seront repris en 1944 sous l’impulsion de monseigneur Frédéric, curé de la paroisse. Progressivement la chapelle prend l’aspect que nous lui connaissons, grâce aux bonnes volontés de cette époque.

 

La Grotte de la Vierge.

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L’histoire du collège de Longuyon s’identifie à un homme. Il en fut le véritable créateur ; il s’agit de Eugène IDOUX, en religion frère Léonce.

Dés son arrivée à Longuyon, c’est lui qui dirige les travaux. Sous-directeur en 1876, il devient directeur en 1879. Après l’aménagement du début, il concevra le plan général du pensionnat.

″ Le seigneur a béni vos témérités ″ lui dira l’évêque de Nancy en 1877 quand il vit au lieu du chaos, un établissement vaste et commode pouvant recevoir 300 élèves.

Le frère Léonce décida d’élever une grotte en l’honneur de Notre Dame de Lourdes.

Les grands élèves consacrèrent le temps des promenades, à se faire terrassiers, bûcherons et maçons, et offrirent la statue de la Vierge.

Monseigneur Turinaz vint lui-même procéder à la bénédiction de la grotte. Elle fut le seul vestige de l’œuvre des frères à voir été respecté.

 

Eglise Sainte Agathe.  

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Longuyon est située sur un méandre de la Chiers, affluent de la Meuse. La ville se trouve sur une crête rocheuse, site occupé depuis la période antique, comme en témoignent de nombreuses sépultures gallo-romaines retrouvées dans la première moitié du XIXè siècle.

Le nom de Longuyon est mentionné pour la première fois en 634, dans le testament du diacre Adalgise qui veut fonder un hôpital. Ce document mentionne l’existence d’une première église dédiée à Sainte Agathe, qui se trouvait plus haut que l’église actuelle.

Au XIè siècle, Longuyon est la possession de bénédictins de Trèves. De cette époque  date sans doute le clocher roman, muni de meurtrières qui prouvent son rôle défensif.

Au XIIè siècle, l’église devient collègiale. Hormis le clocher, l’édifice est reconstruit en calcaire jaune des carrières locales, dans le style du premier gothique. De plan basilical, à chevet polygonal, l’église offre un volume particulièrement homogène sans discontinuité entre la nef et le chœur, manifestement inspiré par l’architecture de l’Ile-de-France . L’entrée dans l’édifice se fait par un portail situé à droite du clocher, portail protégé par une bretèche en pierre mise en place ultérieurement. A l’intérieur, la nef voûtée sur croisée d’ogives est constituée de quatre travées à deux étages ; on peut noter les élégantes rosaces à six lobes en partie haute de la troisième travée.

Toutefois, l’église a été construite avec des contreforts insuffisants pour s’opposer à la poussée des voûtes, ce qui a entraîné le déversement des murs latéraux. Ainsi, au XIXè siècle, les voûtes menacent de s’écrouler. En 1875, le curé Jean Guérard les fit consolider en plaçant des tirants de fer traversant la nef ; il obtenait à la même date le classement de l’église parmi les monuments historiques.

La guerre de 1914-1918, ainsi que celle de 1939-1945 ont été néfastes à l’édifice. La toiture a été refaite depuis mais les voûtes n’ont pas été épargnées. Aux détériorations subies s’ajoutent le vieillissement des mortiers et des tassements qui ont engendré des mouvements localisés qu’il a fallu stabiliser. Des travaux de restauration importants ont été entrepris de 1983 à 1990 pour remédier au déversement des murs des bas-côtés par la création d’un ensemble de contrebutement en béton armé. Ce dispositif s’est accompagné de la mise en place de nouveaux tirants en partie haute, réalisé en fibre de carbone pour gagner en discrétion. Après la mise en œuvre de ces techniques innovantes, la suite des travaux a consisté, de 2001 à 2004, à la restauration générale des intérieurs. Enfin, l’année 2005 voit l’achèvement de l’assainissement par un drainage extérieur. La restauration du parvis achèvera la mise en valeur de ce bel édifice.

Sur les dix dernières années, l’ensemble de ces travaux s’élève à un montant de 440 000 €, financés à 50% par l’état, ministère de la culture. Le partenariat financier a engagé à la fois la commune propriétaire, le conseil général et l’association ″ de sauvegarde de l’église Sainte-Agathe ″, cette dernière ayant réussi à prendre en charge 10% du montant des travaux.

Texte source : Etude Préalable de M. Thierry Algrin, architecte en chef des

                                                 monuments historiques.

Eglise Sainte Agathe.

Visites guidées sur demande préalable à l’Office de Tourisme du Longuyonnais.

Sonorisation en 3 langues.  ( Français. Anglais. Allemand ).

Tél : 03.82.39.21.21.    Fax : 03.82.26.44.37.

Ou à l’Association de Sauvegarde de l’Eglise Sainte Agathe : Mme Mathiot M-Thérèse.

Tél : 03.82.26.54.75.

    agathe - 088.jpg   Tableau d'Abraham Gilson.

 

Le Totem.

Installés à Longuyon en 1954, avec une base aérienne à Marville, les Canadiens quittèrent notre région en 1966/1967 à la suite de la décision du général De Gaulle de ne plus appartenir à l’OTAN en 1966.

Les Canadiens, en remerciement de l’accueil reçu des Français, proposent à la municipalité, présidée par Robert Drapier, d’ériger un totem caractéristique de la nation canadienne.

Celui-ci fut inauguré le 11 mars 1967 par le chef indien Khut La Cha et sa squaw

″ Princesse de la paix ″, en présence du maire et du conseil municipal ainsi que les 4 colonels qui s’étaient succédés à la base. Après de nombreuses danses et chants indiens accompagnés d’un tambourin, le chef donna sa coiffe au colonel Christie, le dernier commandant de la base qui dévoila la plaque apposée sur le socle du Totem.

En témoignage de l’accueil sympathique réservé par la population française à tout le personnel canadien de la première Wing, Royal Canadian Air Force, ayant séjourné sur la base de Marville pendant les années 1954 à 1967.

Usé par les ans, notre insolite Totem fut remplacé grâce aux Canadiens de la base de Lahr, en Allemagne.

Refait à neuf et taillé dans un mélèze, haut de 5,40 mètres, le nouveau Totem flambant neuf fut ré-inauguré par Pierre Mersch, maire, le 8 Juin 1986.

Il est régulièrement entretenu et certaines de ses parties ont de nouveaux été remises en état, car les intempéries et la pollution auraient tôt fait de venir à bout de cette mémoire du passé.

En 2005, le second Totem qui a toujours gardé les sculptures et dessins originels, a du être remplacé.

Il est maintenant en résine, ce qui devrait lui permettre de mieux résister aux outrages du temps.

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 Cimetière Militaire Allemand.

En prolongation de la rue Mazelle, dominant la ville, le cimetière militaire allemand où reposent 1743 soldats morts au cours de la guerre de 1914-1918.